SaaS, tendances 2009

Introduction au SaaS

Le SaaS constitue une nouvelle approche d’édition et de commercialisation des logiciels. Le SaaS apporte de nouvelles possibilités pour les entreprises. Au delà de l’acronyme SaaS, “Software as a Service”, il est intéressant de définir le contenu de ces offres. Concrètement, il s’agit souvent de solutions logicielles clef en main, hébergées et administrées par l’éditeur qui les fournit. Un point important: une application SaaS est articulée autour de la plate-forme Web/HTTP ce qui la différencie d’une offre en mode ASP pour laquelle le logiciel n’est pas toujours full-web et nécessite parfois l’installation de composants sur les postes utilisateurs.  Souvent associé au cloud-computing, le SaaS suit strictement la même démarche: externaliser l’exploitation informatique en se basant sur Internet et les standards d’interopérabilité du Web.

Buzz or not Buzz ?

Une étude Evans Data [1] parue en janvier dernier présente quelques chiffres sur le sujet: un sondage montre qu’un tiers des développeurs américains travaillent actuellement sur un projet SaaS, tandis que plus de la moitié des développeurs, au niveau mondial cette fois, ont l’intention de se lancer sur ce créneau en 2009. On peut malgré tout relativiser ces chiffres. Une autre étude [2] réalisée par Pingdom sur les statistiques de recherches de Google semble démontrer que le mot “SaaS” est un buzzword, tout comme le Cloud computing et le “Web 2.0″ à leur époque, buzzwords qui ont rapidement déclinés durant l’année 2008.

Mais est-ce que la mesure de popularité d’un mot clef par Google Trends est suffisante pour annoncer un déclin réel des concepts qui se “cachent” derrière un mot ?  Nous ne le pensons pas. Nous l’analysons  plutôt comme le pattern d’un thème devenu mature et connu du grand public. Les recherches portent alors sur des mots plus ciblés, au fur et à mesure que s’élabore une nouvelle terminologie autour de ces concepts.

 

Des économies et de la flexibilité

Les responsables financiers des entreprises apprécieront le budget nécessaire tandis que les équipes opérationnels seront satisfaites de la rapidité de mise en service (Time To Market). Effectivement, les coûts du logiciel sont allégés: le coût d’aquisition est nul et remplacé par une facturation à  l’usage (pay as you go). Les coûts de maintenance sont également réduits, le client n’ayant plus à faire l’acquisition des serveurs. Ensuite, il s’agit de solutions qui apportent une forte capacité à monter en charge et une certaine flexibilité au niveau des fonctionnalités. Enfin, les applications SaaS sont dors et déja déployée et prête à l’utilisation: le temps de mise en oeuvre des projets est réduit de manière drastique.

Evaluer et anticiper les risques

Début 2009, nous avons assisté à une polémique après que Saleforce.com ait connu une interruption de service de 40 minutes à la suite d’une panne matériel. Le tableau de bord des clients n’était plus accessible et l’activité commerciale de ceux qui n’avaient pas de solutions de secours est restée au point mort durant tout ce temps. Le même jour Bill McDermott, de l’éditeur allemand SAP expliquait au magazine Information Week que les grandes entreprises ne devraient jamais reposer sur des plateformes SaaS pour l’exécution des opérations qui font leur coeur de métier. Comme Microsoft, celui-ci met en valeur une stratégie fondée sur des modules SaaS qui viennent compléter leurs produits: le Software-Plus-Service.

Face à ces problèmes, des opposants au SaaS émergent. On retrouve ainsi dans la blogosphère des articles très critiques sur les changements que le SaaS impose. Il est important de prendre conscience des inconvénients afin de mieux évaluer les risques et de mettre en place une stratégie d’anticipation. Examinons quelques-uns des thèmes récurrents de l’argumentaire anti-SaaS.

  • “Il est nécessaire d’avoir une connexion internet” Oui, mais aujourd’hui nous sommes constamment connecté : au bureau, via son mobile, dans les gares etc. De plus, les éditeurs SaaS travaillent sur l’intégration du mode hors ligne permettant de continuer à utiliser l’application même sans connectivité, en s’appuyant sur différentes technologies. Cette affirmation est donc de moins en moins vraie. Ainsi Google propose la majorité de ses services en mode hors ligne (emails, agenda…).
  • “Vos données sensibles seront stockées sur des serveurs qui ne vous appartiennent pas” Oui, mais une part non négligeable de l’espionnage industriel a des origines internes, fuites volontaires ou non, obligeant les entreprises à prendre des mesures. La gestion de la sécurité représente un poste de coût, et peut s’avérer défaillante dans certaines entreprises. Le simple acte de jeter des documents ou de vieux disques à la poubelle est une “faille de sécurité”. Les éditeurs SaaS, à partir du moment ou ils ont industrialisé leurs processus d’hébergement, maîtrisent mieux la protection de l’information que l’entreprise Lambda.
  • “Vous perdez le contrôle de la version du logiciel sur laquelle vous travaillez” Une des fonctionnalités principales du SaaS est de proposer des logiciels fréquemment mis à jour. La mise en place de nouvelles versions, prise en charge par l’éditeur, est transparente pour l’utilisateur final. Le gain de confort, notamment pour ceux qui ont connu la saga des grandes  migrations applicatives et particulièrement les redoutables mises à jour du système d’exploitation, est indéniable.
  • “En mode SaaS, vous payez continuellement. Il est préférable de payer une licence et d’être libre par la suite. Que se passe-t-il si l’éditeur SaaS change sa politique de prix ?” Le prix des applications en mode SaaS est en général modique mais inclut les frais de mise à jour. Mais ne s’agit-il pas de prix d’appel visant à verrouiller le client avant de l’assommer par des augmentations ? La question est légitime. Toutefois ce problème existe déjà sur des logiciels acheté chez un éditeur de “solutions classiques”. Il sera nécessaire de payer les mise à jours. Si malgré tout l’éditeur change sa politique de prix de façon brutale, sachez que vous êtes libre de partir à tout moment, rien n’engage le client: le plus petit comme le plus grand. Les éditeurs SaaS le savent et font le nécessaire pour conserver leurs clients. Pourquoi prendraient ils le risque de perdre des clients alors qu’ils ont entre les mains un modèle économique qui fonctionne ?

L’avenir du SaaS

Le SaaS évolue et devient de plus en plus mature. Il est probable qu’émergent dans les prochaines années de nouveaux standards liés aux problématiques spécifiques du Sofware as a Service. Il y a fort à parier que ces standards imprimeront leur marque comme le trio HTTP/HTML/URL en son temps. Les thèmes potentiels de standardisations peuvent être aussi large que la qualité de service, la sécurité et la stabilité du fournisseur. Pour le moment, on peut s’appuyer sur des SLA et exiger des fournisseurs des fonctionnalités d’interopérabilité, notamment en terme d’exports / imports des données.

Tous les éditeurs SaaS devraient fournir une copie des données aux clients. Une bonne approche consisterait à exposer des services XML ou JSON permettant à l’entreprise de mettre en place son propre système de sauvegarde ou de synchronization. On peut citer l’exemple de l’API Google Apps qui permet notamment aux utilisateurs de Gmail dans sa version entreprise d’accéder aussi bien à la configuration qu’aux données des utilisateurs de manière sécurisée.

Comment évaluer la qualité d’un éditeur SaaS

  • Choisissez les meilleurs: Pourquoi aller vers un éditeur qui propose une offre classique et commune ? Profitez du meilleur du SaaS en choisissant un fournisseur offrant des solutions innovantes dont la valeur ajoutée est validée par des exemples concrets. Héberger un outil de CRM sur vos serveurs vous coûte cher ? N’hésitez pas à étudier l’alternative offerte par quelques-unes des solutions CRM en mode SaaS.
  • Vérifiez la disponibilité des services: La disponibilité du service est un facteur primordial. Une bonne pratique consiste à vérifier ce que propose l’éditeur en terme de monitoring et de transparence, notamment par le biais des outils de communication qu’il met en oeuvre: blog et forums par exemple. Contractuellement, il faut privilégier les solutions offrant des critères précis de disponibilité, supérieure à 99,9% par exemple. Un bon taux de disponibilité contractuel constitue le gage d’une équipe technique compétente. Pensez également à vérifier l’historique de la société dans les domaines métiers et techniques.
  • Vérifiez les conditions de résiliation et les moyens mis à disposition du client utilisateur dans l’hypothèse d’une terminaison de contrat. Dans quels formats et sous quelles conditions les données applicatives peuvent être rapatriées ? Dans quels délais ? Peut-on récupérer les informations de provisionning (comptes utilisateurs et profils d’accès associés)…
  • Une activité en forte croissance: Assurez vous que la société éditrice est en forte croissance. Le secteur du SaaS suit une évolution a deux chiffres. Il n’y a pas de raison pour que votre éditeur ne s’inscrive pas dans cette tendance.
  • N’oubliez pas le reste: Comme dans toute démarche client/fournisseur, n’hésitez pas à vous informer sur la satisfation des clients, sur la qualité des employés et la prospérité de l’entreprise.

Conclusion

En tant que société de conseil en architecture web et en urbanisation du Système d’Information, nous travaillons avec nos clients à l’élaboration d’applications innovantes. Ces applications ont la capacité à monter en charge et apportent une simplicité d’usage qui garantit une utilisation pertinente et efficace dans les différents contextes professionnels de nos clients. Nous avons fait le choix d’écrire un billet sur ce thème afin de nous positionner et de vous proposer le point de vue d’une équipe d’experts du web. Le SaaS est prometteur, il n’y a pas de raison pour ne pas se lancer. De la même manière que le client léger a effacé l’architecture clients / serveurs au tournant des années 2000, nous pensons que le SaaS deviendra incontournable dans les années à venir.

[1] Half of All Developers Expect to Develop SAAS Software in the Next 12 Months, Evans Data, 12/02/2009
[2] Current trends for Web terminology and buzzwords, Pingdom, 08/01/2009

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